Annexes fluviales

Les projets de restauration d’annexes, bien qu’ils s’inscrivent au sein d’un système global, doivent être analysés au cas par cas, selon le contexte local de l’annexe. Il faut viser à maintenir les différents stades évolutifs générant une mosaïque d’habitats et d’espèces, avec des travaux légers, efficaces et peu invasifs.

La période la plus favorable pour les travaux est l’automne, en basses eaux, car elle exclut les mois de reproduction et d’hibernation de la majorité des taxons.

La végétation

En général, les boires comblées et déconnectées se boisent très rapidement lorsqu’elles ne sont pas entretenues. Selon leur localisation dans la boire, les arbres posent problème à la continuité écologique. Pour les travaux, il convient d’agir au cas par cas. Le but recherché est de créer des milieux diversifiés : zones ouvertes dans des zones isolées et exemptes d’espèces invasives, zones plus ombragées avec une ripisylve possédant des sujets d’âges diversifiés… A noter que les arbres âgés situés en berge sont très intéressants pour les insectes saproxyliques (présence de cavités).

Concernant les peupliers de culture : grâce à leur grande capacité de dissémination, ils occupent la place d’autres espèces locales. Ils s’hybrident avec le Peuplier noir et polluent son patrimoine génétique. De plus, les feuilles tombées, très cireuses, se dégradent mal et participent au comblement des annexes. Quant à ses racines, elles ne s’enfoncent pas profondément. Le peuplier, mal fixé, s’effondre souvent en emportant une partie de la berge avec lui.

Dans tous les cas, il faut privilégier l’élimination des sujets présents et de favoriser le maintien ou la reprise d’espèces indigènes.

La gestion des espèces exotiques envahissantes est aussi une problématique importante, sujet de nombreuses études et programmes. Si les travaux sur les annexes doivent en tenir compte et peuvent, parfois, contribuer à limiter leurs impacts ; la prévention reste, la solution la plus efficace et la moins coûteuse. La communication et la sensibilisation sont fondamentales pour la gestion de ces espèces. Les propriétaires ou porteurs de projets sont les plus à même de les détecter rapidement et limiter leur développement.

Les embâcles

Suite à une étude en 2015, 882 embâcles sur 31 annexes, ont été recensés. Dans 25% des cas, ils représentent un obstacle à l’écoulement des eaux, souvent, sont peu impactant. La plupart des embâcles recensés est constituée d’arbres vivants, reflet du comblement et de la déconnexion des annexes. Ainsi, lors des travaux, il faut conserver les embâcles seulement s’ils ne constituent pas un obstacle au fonctionnement de l’annexe.

Le terrassement, les ouvrages

 Les ouvrages transversaux dénaturent les annexes :

  • Déconnexion prématurée
  • Segmentation et homogénéisation en plans d’eau
  • Disparition des habitats pionniers de strates herbacées au profit de l’implantation d’arbres
  • = Fermeture prématurée du milieu et disparition de l’annexe

L’objectif des travaux est de « libérer » le lit de l’annexe, afin qu’il retrouve une dynamique sédimentaire naturelle de dépôt / érosion. Le projet doit traiter l’ensemble des ouvrages qui font obstacle à la continuité écologique. Afin aussi de conserver le caractère insulaire spécifique des îles, les alternatives à favoriser sont l’effacement des obstacles, l’abaissement des gués, l’installation de bacs… qui sont des solutions plus légères et moins intrusives pour le milieu.

Quant aux travaux de terrassement, ils sont à adapter localement, suivant les caractéristiques du site et le contexte local. L’objectif n’est pas de creuser la boire pour qu’il y ait plus d’eau mais bien d’améliorer la connectivité au sein de l’annexe, et, avec le cours principal de la Loire, en préservant la morphologie du site.