Historique

Au début de 20e siècle, le lit de la Loire entre Nantes et Les Ponts-de-Cé a été aménagé pour les besoins de la navigation : des épis et chevrettes (contrôlant les bras secondaires) sont venus concentrer les écoulements dans un bras unique resserré et certains seuils rocheux naturels ont été arasés. Autre action de l’homme sur le fleuve : l’extraction dans le lit de plusieurs dizaines de millions de m3 de sable pour les besoins de l’industrie du BTP durant la seconde partie du 20e siècle. Ces interventions ont eu des conséquences lourdes sur le fonctionnement de la Loire : enfoncement du lit, abaissement des lignes d’eau, augmentation de la pente du lit du fleuve, mauvaise alimentation des annexes fluviales.

Conséquence de ces déséquilibres, le lit continue aujourd’hui de s’inciser :

  • Les apports de sable provenant de l’amont sont faibles  au regard du déficit en matériaux du fleuve.
  • La pente du lit de la Loire est trop forte pour que le sable provenant de l’amont puisse s’y déposer. Au contraire, le fleuve puise des matériaux dans son lit.

En l’absence d’intervention, l’enfoncement du lit va se poursuivre, de façon plus ou moins marquée suivant les secteurs : incision comprise entre 0 et 50 cm entre Oudon et Ancenis, de 0 à 30 cm ailleurs sur une échéance de 40 ans.

Ces déséquilibres ont des incidences sur les usages du fleuve et ses fonctions biologiques : évolution des habitats du lit mineur, connexion des milieux latéraux. Dans une logique de rééquilibrage du fonctionnement du fleuve, des attendus ont été définis. Ils conduisent à privilégier un rééquilibrage de la morphologie du fleuve : il s’agit d’aider la Loire à retrouver un fonctionnement plus naturel, passant par un relèvement des fonds et un élargissement des sections d’écoulement.

Pour répondre à ces objectifs, une stratégie d’intervention, sur le long terme, a été développée en s’appuyant sur les deux principes suivants :

  • Remobilisation des sédiments accumulés sur les grèves, derrière les épis et dans les bras secondaires.
  • Maintien des matériaux ainsi remobilisés dans le lit de la Loire, en amont de Nantes.

Cette stratégie a été traduite en un programme d’actions construit sur 14 ans et comprenant :

  • Des actions de remodelage d’épis, pour libérer des sédiments.
  • Des travaux de rechargement du lit, pour lutter contre l’incision des fonds.
  • Un aménagement à Bellevue, pour assurer une transition avec les fonds de l’estuaire (plus profonds sur ce secteur) et permettre le piégeage des sédiments libérés plus en amont.
  • Des actions d’amélioration de la connexion de la Loire avec ses annexes hydrauliques, avec un objectif environnemental.

Les bénéfices apportés par ce programme ont été évalués sur le long terme (40 à 70 ans), par rapport à une évolution tendancielle (sans intervention).

Selon les orientations régionales du Plan Loire, un 1er contrat a été établi entre 2009 et 2014. Il ciblait des boires « emblématiques » dont les fonctionnalités étaient altérées. La boire du Passage à Saint Rémy la Varenne, le bras du Louet, le bras de Souzay ont ainsi fait l’objet de travaux.  Il incluait également les travaux prioritaires de relèvement de la ligne d’eau du lit mineur et les opérations expérimentales déjà engagées dans le Plan Loire précédent qui se sont poursuivis avec une opération expérimentale de remodelage des épis, une opération structurante de dévégétalisation et le suivi des seuils du Fresne-Ingrandes.

Suite aux conclusions émises lors du bilan de ce premier contrat, un second a été signé en septembre 2015 : le Contrat pour la Loire et ses annexes – CLA (2015-2020) de Montsoreau à Nantes.

Les actions proposées vont permettre un rééquilibrage durable du lit et une redynamisation du lit mineur et des fonctions biologiques associées.